Bourgeons

Tu m'écris que tu croques mes bourgeons comme un chevreuil se gave
d'une sève printanière. Malgré les ans, ces bourgeons-là n'ont pas donné de fruit. J'aime pourtant les faire saillir de mes tétons, agacer leur pointe d'un doigt qui n'hésite pas à les pincer, à les tordre jusqu'à ce que le souffle s'enroue dans ma poitrine, sonnant le glas d'une volupté inaccessible dont l'effusion, toujours déçue, serpente dans ma verge. Mes doigts délaissent mon sein pour enrager l'ardeur d'un membre qui, tantôt rechigne à saillir — comme s'il anticipait le spasme qui étrangle ses élans —, tantôt me fait la grâce de se cambrer avec élégance et de retarder, pour mon plus vif plaisir, le moment où la sève, absente de mes tétons, arrose ta vulve friande.

Luc Richir

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