Édito


À Neda...

La vulve est toujours comme une question ouverte. Elle est « ouverte » en cela qu'elle est une fente. La fente vulvaire est une question qui sans cesse se repose et qui, quoi qu'elle se creuse, mène toujours à un point de non-retour sur lequel bute l'expression de deux jouissances : l'une féminine et l'autre masculine.

La vulve est une entrée et une sortie, le lieu constant d'un passage possible et le plus souvent souhaité, auquel chacune et chacun aspire, pour ainsi dire. C'est pourquoi, sous des dehors de légers voiles concomitants au nom de divinités antiques (nymphes), la vulve semble un petit portail à la fois malléable, vaporeux, humide et très architecturé.

L'exquise délicatesse de ce portail minuscule tient en ce qu'on ne distingue aucunement, dans son dessin, ce qui fait proprement partie de sa structure architectonique et de ce qui constitue ses ornementations.

La vulve est le lieu d'un passage, nous l'avons dit, mais moins classiquement entre un extérieur et un intérieur, qu'entre deux mondes véritables que tout ou presque distingue. On passe ainsi de l'air sec et lumineux, à un espace confiné (mais tout de même extensible), perpétuellement humide, abritant une ombre rose.

La vulve est l'ornement qu'aucune femme n'a reçu de personne et qu'elle offre comme ce bijou qu'aucun homme n'est à la mesure de lui donner ou de lui prendre, car elle est la seule à pouvoir le posséder.

Alain Van Haverbeke
08.2013

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